| L'ensemble linguistique des parlers POITEVIN & SAINTONGEAIS |
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| Au sein de l’ensemble des parlers d’oïl, le saintongeais comme le poitevin
font partie d’un ensemble linguistique d’entre Loire et Gironde, associant
saintongeais et poitevin dont
l’unité a été mise en évidence par
Coquebert de Monbret dès 1831, puis confirmée par les
saintongeais Jônain (en 1850), Boucherie (en 1873),
l’angoumoisin Terracher (en 1926) et les poitevins Favre (en
1867), Poirier (en 1941), Pignon (thèse en 1960) et Jagueneau
(thèse en 1987). Dès 1831 Coquebert de Monbret dans "Essai d’un travail sur la Géographie de la langue française" écrivait : « à quelques distance au-delà de la Loire commence le patois poitevin usité dans les départements de la Vendée, des Deux-Sèvres, et de la Vienne, et auquel succède, comme simple variété, le patois saintongeois ... 1850 Pierre Jônain
(natif de Gémozac en Charente-Maritime) notait dans l’Union Républicaine de
Saintes l’observation suivante qu’il reprit ensuite en 1869 dans l’introduction
de son Dictionnaire saintongeais : « Le dialecte saintongeais offre un intérêt
tout particulier, à cause de sa position intermédiaire entre les idiomes du midi
et ceux du nord, entre la langue d’Oc et la langue d’Oil, entre le Roman et le
Français. En effet, passez la Gironde ou la Dordogne, entrez en Périgord ou en
Limousin, vous êtes, au moins pour le langage, en pays étranger [...] vous
entendez les chants du midi : au contraire, traversez le Poitou
[...] l’idiome est à peu près le même que celui de la Saintonge. » 1895, Jérôme Bujeaud (né à Angoulême), célèbre
folkloriste : « dans ce vaste et plantureux pays qui se
nommait jadis l’Angoumois, l’Aunis, la Saintonge et le Bas-Poitou, vous
signalerez peu de différences génériques de langage, mais seulement des
diversités de prononciation qui ne seront jamais assez tranchées pour empêcher
un paysan de l’une de ces provinces de comprendre les paysans des autres
provinces, ses voisines". 1941, A.-D. Poirier (vendéen), professeur de philologie
romane à l’université catholique d’Angers : « Dans le Haut
Poitou, comme dans la Vendée, comme dans l’Aunis, la Saintonge et l’Angoumois,
les mêmes termes, issus du dialecte, se retrouvent [...], avec la même physionomie, je pourrais
dire, le même costume, en tout cas avec un air de proche parenté qu’un oeil
exercé saisit au passage. » 1960, Jacques Pignon, (natif de Latillé dans la Vienne),
professeur à l'université de Poitiers, dans sa thèse sur l’évolution phonétique
des parlers du Poitou, où il évoque « la zone poitevino-saintongeaise » :
« Il est évident que l’évolution phonétique des parlers
poitevins et celle des parlers saintongeais est à peu près parallèle. Ils
constituent, à l’ouest du domaine gallo-roman, une aire originale où se
rencontrent, d’une part, traits d’oc et traits d’oïl, de l’autre quelques
développements particuliers, inconnus dans les provinces limitrophes situées au
Nord et au Sud. » 1971, Raymond Doussinet (natif de Torsac près d’Angoulême
en Charente), célèbre par ses travaux sur le saintongeais : « La plupart des
conclusions de Pignon sont valables pour la Saintonge. » 1994, Liliane Jagueneau, linguiste poitevine (née à Ulcot
près de Thouars en Deux-Sèvres) professeur de poitevin-saintongeais et d’occitan
à l’université de Poitiers « les points du domaine
poitevin-saintongeais sont suffisamment proches dans l’analyse (distance
linguistique faible) pour être considérés comme formant un ensemble
cohérent. » |

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A propos de l'appellation
"poitevin-saintongeais"
C’est au milieu de la
seconde moitié du XXe siècle que l’appellation "poitevin-saintongeais" a été
vulgarisée pour recouvrir l’ensemble de ces parlers, tout en identifiant ses
deux principaux constituants. Mais on
rencontre "poitevin-saintongeais" depuis plus d'un siècle : 1963 : Les noms de lieux en France, Ernest Nègre : « à
l’Est, le Champenois, le lorrain, le bourguignon ; au Sud-Ouest le groupe
poitevin-saintongeais », 1962 : Grand Larousse encyclopédique en dix volumes :
« Parmi ces parlers, le berrichon et le
poitevin-saintongeais représentent des conquêtes très anciennes
des parlers d’oïl sur les parlers d’oc », 1955, Mémoires et documents de la Société de l’École des
chartres : « comme en Poitevin-Saintongeais », 1952, Phonétique historique du Français, volume 3, Pierre
Fouché : « chai en
poitevin-saintongeais », 1944, La langue de Rabelais : les influences du Bas-Poitou,
Adolphe D. Poirier : « ce vocable bas-poitevin-saintongeais », 1940, Le Français moderne, volumes 8-9, 1940 : « […] notre collaborateur J. Pignon, qui fera l’Atlas linguistique poitevin-saintongeais », 1905, La Revue du Bas Poitou et des provinces de l’Ouest : « notre parler poitevin-saintongeais »,En Poitou (Pays de Retz
inclu) comme en Saintonge (Pays Gabaye inclu), on use du mot parlange ou
parlanghe (parlanjhe), pour dire "langue". Ce mot s'est en outre
récemment spécialisé pour désigner la langue régionale poitevine et
saintongeaise. Il ne semble pas attesté dans d'autres régions, à part la
variante "parliange" attestée en Bourbonnais d'oc.
Le mot "parlange" |